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5 jours en Albanie : l'itinéraire du sud, de Tirana à la Riviera

par Travenso · 10 août 2026 · 8 min de lecture
5 jours en Albanie : l'itinéraire du sud, de Tirana à la Riviera

L’Albanie a vu sa fréquentation touristique exploser depuis 2022, et les prix suivent. C’est encore la destination la moins chère de la Méditerranée du nord, mais l’écart avec la Grèce se réduit chaque été sur le littoral. Autant y aller maintenant.

Cinq jours suffisent pour une première visite si on accepte de choisir. Le pays se divise en deux itinéraires distincts : le sud, qui combine deux cités ottomanes classées à l’UNESCO et la côte ionienne, et le nord montagneux autour de Theth et Valbona. Vouloir faire les deux en une semaine revient à passer le séjour en voiture. Ce qui suit est la boucle sud, au départ de Tirana.

L’itinéraire en un coup d’œil

Jour Étape Route
1 Tirana point de départ
2 Berat Tirana vers Berat, 2 h
3 Gjirokastër, Blue Eye, Sarandë Berat vers Sarandë, 4 h
4 Butrint et Ksamil trajets courts
5 Riviera et col de Llogara Sarandë vers Tirana, 5 h

Environ 750 km au total. Le rythme est soutenu sans être épuisant, à une réserve près : la cinquième journée est essentiellement une journée de route. Belle, mais une journée de route.

Jour 1 : Tirana

La capitale se fait à pied en une journée, ce qui tombe bien car peu de gens ont envie d’y rester plus longtemps. Elle a beaucoup changé depuis les années 2000, avec ses façades repeintes en couleurs saturées à l’initiative d’Edi Rama, alors maire, et un centre progressivement rendu aux piétons.

Immeubles colorés au bord de l'eau à Tirana, montagnes en arrière-plan
Photo : Valter Zhara / Pexels

Commencez par la place Skanderbeg, la mosquée Et’hem Bey et la tour de l’horloge. Puis Bunk’Art 2, un bunker aménagé en musée à deux pas de là, qui documente l’appareil de surveillance du régime d’Enver Hoxha. La visite dure une heure et reste de loin la plus marquante de la ville. Le Bunk’Art 1, plus vaste et plus militaire, se trouve en périphérie près de la station du téléphérique.

En fin d’après-midi, le téléphérique Dajti Ekspres monte à plus de 1 000 mètres en quinze minutes. Comptez autour de 1 000 lek l’aller-retour. La vue porte sur toute la plaine de Tirana.

Le soir, direction Blloku. Ce quartier était interdit à la population jusqu’en 1991, réservé aux cadres du Parti. C’est aujourd’hui la concentration de bars et de restaurants de la ville.

Jour 2 : Berat

Deux heures de route vers le sud. Berat est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses deux quartiers ottomans, Mangalem et Gorica, qui se font face de part et d’autre de l’Osum. Les maisons blanches étagées sur la pente, percées de larges fenêtres alignées, ont valu à la ville son surnom de ville aux mille fenêtres.

Maisons ottomanes blanches étagées sur la colline de Berat
Photo : Ardit Mbrati / Pexels

La citadelle

La Kalaja n’est pas un site archéologique figé. Des familles y vivent toujours, entre les ruelles pavées et la douzaine d’églises byzantines encore debout. Le musée Onufri, installé dans l’église de la Dormition, rassemble les icônes du peintre du XVI<sup>e</sup> siècle qui a donné son nom au lieu.

Montez en fin de journée. La lumière rasante sur la vallée est meilleure, et les excursions à la journée venues de Tirana sont reparties depuis longtemps.

Dormez sur place, dans une maison d’hôtes traditionnelle de Mangalem ou de Gorica. Berat en soirée, sans les bus, vaut largement la nuit sur place.

Jour 3 : Gjirokastër, le Blue Eye et Sarandë

Journée chargée, mais tout est aligné sur l’axe qui descend vers la mer.

Gjirokastër

Deuxième ville albanaise classée à l’UNESCO, surnommée la ville de pierre pour ses toits de lauzes grises. Sa citadelle domine la vallée du Drino et abrite un musée des armes ainsi que la carcasse d’un avion américain, vestige d’un épisode de propagande de la Guerre froide jamais complètement élucidé.

La forteresse de Gjirokastër vue du ciel, entourée de collines vertes
Photo : andi myftari / Pexels

Les maisons-tours ottomanes se visitent, en particulier la maison Zekate, et donnent une idée concrète de l’habitat fortifié de la région. Gjirokastër est aussi la ville natale d’Ismail Kadaré.

Le Blue Eye

À une quarantaine de minutes de Sarandë, près du village de Muzinë, cette source karstique jaillit d’une profondeur encore mal mesurée, d’un bleu qui vire au noir au centre. L’entrée coûte environ 50 lek par personne, plus 100 à 200 lek par voiture, en espèces uniquement.

La baignade est interdite, le site étant classé monument naturel. Comptez une heure sur place en incluant la marche depuis le parking. C’est court, et c’est bien ainsi : le site est beau mais petit, et saturé en milieu de journée.

Nuit à Sarandë ou directement à Ksamil.

Jour 4 : Butrint et Ksamil

Le site antique de Butrint

Le plus beau site archéologique du pays, classé à l’UNESCO, occupe une presqu’île boisée entre un lac et le canal de Vivari, face à Corfou. Vingt-cinq siècles d’occupation s’y lisent en couches superposées : théâtre grec, thermes et mosaïques romains, baptistère paléochrétien, basilique byzantine, château vénitien au sommet.

Gradins d'un théâtre antique envahis par la végétation, en Albanie
Photo : G Cicconeto / Pexels

Arrivez à l’ouverture. Le site est ombragé mais très humide, et les groupes débarquent vers 10 h.

Ksamil

À dix minutes de route, les îlots de Ksamil et leur eau turquoise sont devenus l’image de carte postale de l’Albanie, avec les conséquences habituelles. En juillet et en août, les plages disparaissent sous les transats payants et les tarifs d’hébergement doublent. Hors saison ou tôt le matin, l’endroit tient ses promesses. Les criques au nord du village, moins équipées, sont souvent plus agréables que les îlots eux-mêmes.

Jour 5 : la Riviera et le col de Llogara

La remontée par la route côtière SH8 est l’un des plus beaux trajets des Balkans. Prévoyez la journée complète et partez tôt.

Route côtière en balcon au-dessus de la mer Ionienne, près de Vlorë
Photo : Arlind D / Pexels

Dans l’ordre :

Ensuite Vlorë, puis l’autoroute vers Tirana. Environ cinq heures avec les arrêts, davantage en août.

Informations pratiques

Y aller

Tirana (TIA) reste la porte d’entrée principale, avec le réseau de vols le plus complet et l’essentiel de l’offre de location de voitures. Le nouvel aéroport de Vlorë (VLO) ouvre au trafic commercial durant l’été 2026, avec très peu de lignes pour l’instant, mais il place la Riviera à 75 km au lieu de 230 depuis Tirana. À surveiller si votre séjour se concentre sur la côte.

Se déplacer

La voiture de location est indispensable pour cet itinéraire. Les bus interurbains et les furgons, des minibus qui partent quand ils sont pleins, desservent les grandes villes, mais le Blue Eye comme Gjipe restent hors de portée sans véhicule.

Les grands axes sont en bon état. Les routes de montagne sont sinueuses et les temps de trajet réels dépassent toujours l’estimation du GPS, de 20 à 30 % sur la côte. Évitez de conduire de nuit hors agglomération : l’éclairage est rare et les animaux sur la chaussée ne le sont pas.

Argent

La monnaie est le lek albanais (ALL), à environ 100 lek pour 1 euro. L’euro est accepté dans beaucoup d’hôtels et de restaurants touristiques, toujours à un taux défavorable. Retirez des lek sur place et gardez du liquide : sites naturels, petits restaurants et parkings n’acceptent souvent que les espèces.

Formalités

Les ressortissants de l’Union européenne entrent sans visa pour un séjour touristique de 90 jours maximum, avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité. Vérifiez les conditions à jour avant le départ, elles évoluent.

Quand partir

De fin mai à début juillet, et en septembre. La mer est déjà chaude, les sites praticables, les tarifs raisonnables. Août est saturé sur la côte et les prix d’hébergement peuvent doubler à Ksamil et Dhërmi.

L’hiver convient aux villes et aux sites historiques, beaucoup moins au littoral, où une grande partie des établissements ferme d’octobre à avril.

Budget indicatif

Pour cinq jours à deux, hors vol international, comptez 350 à 550 € par personne : hébergement en maison d’hôtes ou hôtel de catégorie moyenne, location de voiture partagée, repas au restaurant et entrées des sites.

Les tarifs cités ici sont indicatifs et évoluent d’une saison à l’autre. Vérifiez-les avant le départ.

Faut-il ajouter le nord ?

Non, pas sur cinq jours. Le ferry du lac Koman, la vallée de Valbona et le village de Theth forment le second grand itinéraire albanais, et il demande à lui seul quatre à cinq jours depuis Tirana. Gardez-le pour un prochain séjour. C’est une raison suffisante de revenir.

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